Catherine Cormerais est cofondatrice de L’Embell’vie, un lieu unique à Clisson et dans sa région, pensé pour accompagner les personnes fragilisées par la maladie – en particulier les femmes touchées par un cancer – dès l’annonce du diagnostic, pendant les traitements et dans l’après.
 
Son engagement ne vient pas d’une théorie, mais d’une expérience intime : Catherine a elle-même traversé un cancer du sein, avec ce que cela implique de violence physique, de fatigue, de peur, mais aussi de bouleversements profonds de l’image de soi. Elle raconte cette période comme un moment où elle a surtout constaté une chose : la solitude. La solitude face aux questions concrètes (par où commencer, que faire, comment se préparer), la solitude face au regard, la solitude face au corps qui change et aux traces visibles que la maladie laisse.
 
C’est de là qu’est né son moteur : éviter à d’autres femmes de vivre les mêmes manques.
Avec sa cofondatrice Catherine Bondu, elle imagine alors L’Embell’vie : un centre d’accompagnement sur-mesure, pluridisciplinaire et profondément humain, où l’on peut trouver au même endroit des professionnels, des solutions, des produits adaptés, et surtout une présence – un endroit où l’on se sent comprise, sans avoir à se justifier.
 
En 2020, Catherine est lauréate de la Fondation de la 2e Chance, qui soutient son projet de création d’un lieu de ressourcement pour les personnes fragilisées par la maladie. Cette reconnaissance vient renforcer sa détermination à construire un modèle utile, ancré dans le réel : un lieu qui répare, qui réconforte et qui redonne du pouvoir aux personnes dans leur parcours.
 
Parallèlement, Catherine se spécialise dans un domaine qui touche directement à l’identité et à la reconstruction : la dermopigmentation réparatrice, parfois appelée tatouage médical. Formée sur ces bases en France et en Suisse, et enrichie par l’apprentissage auprès d’un tatoueur de renom, elle développe une approche exigeante : précision du geste, sens du naturel, maîtrise des pigments, et surtout écoute du vécu de chaque personne.
Son travail consiste à atténuer ce que la maladie a marqué, et à reconstruire ce que les traitements ont parfois emporté :
  • reconstruction d’aréoles et de mamelons,
  • camouflage ou adoucissement de cicatrices,
  • redessin des sourcils après traitements,
  • correction de zones clairsemées (cils, cuir chevelu selon indications),
  • et plus largement, restauration d’un équilibre du visage et du corps quand la personne a besoin de “se reconnaître” à nouveau.
Pour Catherine, ces gestes ne relèvent pas seulement de l’esthétique. Ils ont une portée intime : il s’agit de permettre à une femme de se regarder dans un miroir sans douleur, de retrouver une part de confiance, parfois une part de féminité, et souvent une part de paix. Parce qu’après la maladie, la reconstruction ne se limite pas au médical : elle touche aussi au regard, au rapport au corps, à la vie sociale, et à la capacité de se projeter.
 
Aujourd’hui, Catherine Cormerais incarne une démarche rare : une expertise technique solide, portée par une empathie profonde, et une vision engagée de l’accompagnement. Elle défend une idée simple mais essentielle : on peut réparer autrement, en alliant soin, humanité et dignité.